Le cheval d’attelage
Quel cheval ?
Tous les chevaux s’attellent, mais…
Presque tous les chevaux peuvent être dressés à l’attelage, mais leur caractère et leur conformation diffèrent, et seul un bon dressage fera un bon cheval d’attelage.
Un peu d’histoire
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France s’intéressait surtout à l’élevage de chevaux de course et de saut d’obstacles de haut niveau, et peu à celui des chevaux d’attelage. Nos voisins néerlandais, allemands et d’Europe centrale ont en revanche conservé leurs races d’attelage et développé l’élevage de chevaux aptes à l’attelage. Pendant ce temps, les chevaux de trait français, les traits légers et les demi-sang se portent toujours bien mais, du fait des croisements, il est plus difficile de constituer une paire ou un attelage à quatre qu’avec les KWPN hollandais, les Oldenbourg, les Holstein, les Hanovriens, les Hessois, les Kladruber, etc. Ceux qui privilégient une seule race ont l’avantage d’appareiller des chevaux semblables de caractère, de conformation et d’allures.
Cela dit, on peut avoir des déboires avec des chevaux réputés aptes à l’attelage et obtenir d’excellents résultats avec d’autres qui semblent peu adaptés.
La première chose est d’acheter le cheval ; sa réussite demande encore un peu de chance.
Le dressage à l’attelage
Quelques conseils pour le dressage à l’attelage
Vous venez voir un cheval : sa tête vous plaît, il a l’œil intelligent, sa conformation semble correcte, il paraît avoir de la force dans l’arrière-main, un bon avant-main, il est bien coupé. Il devrait faire un bon cheval d’attelage, seul le dressage le dira.
Vous avez eu le bon sens d’acheter un cheval de 4 ou 5 ans, qui n’a pas eu l’occasion de prendre de mauvaises habitudes. Il est raisonnable et bien disposé.
La première chose est de voir si le courant passe entre vous : si c’est le cas, vous avez franchi le premier obstacle.
La première leçon consiste à le travailler aux longues rênes, puis à l’habituer au harnais, aux œillères, aux traits et au collier. Vous pouvez ensuite l’atteler à côté d’un cheval d’école et sortir quelques kilomètres au pas, en allant chaque fois un peu plus loin, puis au petit trot. N’oubliez pas de vous arrêter de temps en temps pour lui donner une carotte, afin de construire sa confiance en vous et la vôtre en lui.
Il fera tout ce que vous lui demanderez, mais ne considérez jamais rien comme acquis.
Faire tirer une lourde charge (gros pneu, traîneau lourd, etc.) pour connaître la limite de sa force n’est pas du tout nécessaire.
Vous pouvez évaluer ses aptitudes lors de vos sorties habituelles dans les côtes et en terrain lourd. Abuser de son courage à son jeune âge en lui faisant tirer de lourdes charges le découragera à long terme.
L’entraînement
Une fois qu’il travaille avec plaisir, vous envisagerez peut-être de participer à un concours, un concours de tradition par exemple, et il s’en acquittera sans difficulté !
Quel entraînement faut-il pour le préparer ?
Le plus simple est le meilleur. Un parcours familier comprenant 15 minutes de pas, 30 minutes de trot de travail et de nouveau 20 minutes de pas, le tout sur route goudronnée, renforcera le dos et les tendons. Ensuite, une sortie un peu plus exigeante avec de légères côtes et tous types de terrains. Si vous faites 30 km ou plus à ce stade, vous faites erreur : augmentez progressivement sur deux mois et votre cheval sera en forme.
Si vous envisagez de faire un parcours de cônes en concours, réduisez lors de votre sortie quotidienne le temps de trot de 10 minutes et remplacez-le par 15 minutes de huit de chiffre, pour développer la souplesse et le bon pli de votre cheval. L’effort supplémentaire impose de rentrer au pas. Si vous le faites deux ou trois fois par semaine, régulièrement et calmement, variez au bout d’un mois environ en utilisant des cônes.
Pour cela, disposez des portes de cônes en zigzag et en cercle ; après l’avoir fait deux ou trois fois par semaine, intégrez ensuite ces variantes à vos sorties habituelles. Ne vous inquiétez pas si un exercice perturbe votre cheval. N’en faites pas plus que d’habitude avant un concours, bien au contraire : un jour sur deux au pré, par exemple.
Si vous ne pouvez atteler que le week-end, faites 10 km le samedi, aux trois quarts au pas, et le dimanche 15 à 18 km, moitié trot moitié pas. En semaine, essayez de lui donner au moins une heure d’exercice par jour (monté, par exemple) et quelques heures au pré. Travaillez-le comme ci-dessus si vous en avez le temps.
L’intelligence du cheval repose sur les habitudes, et la routine de votre travail sera facilement assimilée. Avec une bonne routine, vous n’aurez pas un cheval qui s’arrête brusquement, s’encapuchonne, est nerveux, ne reste pas à sa place et devient donc dangereux.
N’oubliez pas que dans 99 % des cas, si un cheval ne va pas bien, il y a une raison. D’abord le meneur lui-même, qui n’anticipe pas une difficulté. Ensuite des problèmes de dos ou de dents, souvent en cause et faciles à traiter avec une visite régulière du dentiste équin : usure irrégulière, dents de loup qui peuvent gêner le mors et causer des problèmes. Un cheval qui a mal au dos s’est peut-être déplacé une vertèbre au box (en se roulant), ce qui peut se remettre en place… en se roulant au pré ! En cas de souci, faites appel à un spécialiste.
Un dernier conseil : utilisez presque tous les jours un mors droit, le plus confortable, guides à la barre du milieu et gourmette pas trop serrée.
Pour le transport, choisissez un véhicule à ouverture latérale : une ouverture arrière peut laisser entrer les gaz d’échappement ou refroidir les reins.