Association
Internationale
d’Attelage de Tradition

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en pensant à l’avenir

Restauration et conservation

Restauration et conservation – par Dominique Posselle

Les conseils qui suivent sont le fruit de 25 ans d’expérience, d’échanges, de comparaisons et d’observation. Il est en effet difficile d’établir des règles là où seuls le bon goût et la mode font loi.

Les étapes

Il faut d’abord évaluer le travail à faire : l’état des boiseries et des panneaux de caisse, des roues et de leurs bandages, du timon, de la volée, des brancards, etc. Le démontage peut ensuite commencer.

Le démontage de la voiture

Toutes les pièces métalliques doivent être nettoyées et dérouillées, puis traitées et apprêtées en vue du remontage. Les ressorts se traitent lame par lame.

La peinture

On n’utilise pas la lampe à souder mais divers abrasifs et, même en suivant mot à mot les conseils de FLEURY dans son ouvrage sur la peinture des voitures, il faut admettre, après bien des discussions entre restaurateurs au fil des ans, que la restauration actuelle est un compromis.
Il faut trouver et utiliser ce qui existe aujourd’hui : enduits, peintures et vernis, pas de polyuréthane.
La première opération est l’application de l’apprêt et des enduits. On ponce ensuite et on passe les premières couches de peinture, légèrement diluées. On ponce de nouveau et on applique d’autres couches jusqu’au résultat souhaité.
Important : le papier abrasif de départ doit être de grain 100 à 120, suivi d’un ponçage à l’eau au grain 240, pour finir au grain 1200, en lavant à l’éponge entre chaque ponçage.

Quelle couleur ?

Les rouges et les jaunes étaient appréciés, surtout sur les voitures sportives, car ils facilitaient les retouches. Toutes les couleurs sont acceptables. Sous Louis-Philippe, les couleurs étaient très vives et le mail-phaéton des UZÈS était peint en orange à filets crème. Sous Napoléon III, les voitures étaient beaucoup plus sombres, bleues et vertes avec des filets de couleurs variées. Les voitures de famille avaient souvent leurs propres couleurs. Mais c’est à vous de choisir.
L’avant-train et ses pièces, les roues, les brancards, le timon, la volée et le train sont traditionnellement de la même couleur ; les essieux peuvent être assortis ou noirs. Tous les boulons, par exemple ceux des ressorts, doivent être vérifiés et remplacés si nécessaire, de préférence peints en noir. Les ferrures sont généralement peintes en noir, comme au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Il existe quelques exceptions où la caisse est noire, ou les panneaux rehaussés d’une autre couleur et les moulures peintes en noir, comme sur le siège en rotonde d’un phaéton.
Une fois la peinture satisfaisante, c’est-à-dire d’une couleur uniforme et sans défaut, on peut tracer les filets, puis appliquer trois couches de vernis avec un ponçage à l’eau entre chaque couche.

Les filets

Sous Napoléon III, les voitures étaient abondamment filetées, avec une large bande dans la moulure bordée de deux filets fins de la même couleur. Les voitures sportives étaient présentées plus sobrement, avec un filet sur chaque bord de la roue et du moyeu, parfois aussi à l’intérieur des rais, sur les ressorts, les ferrures, les brancards, la volée, etc. Quand le garde-crotte et les ailes sont en bois, ils sont noirs. Quand les panneaux sont filetés, les filets suivent les moulures.
En France, les garnitures de brancards, etc. sont normalement peintes en noir et, si elles sont en métal brillant, en maillechort, pas en laiton. De même pour le bout de timon, en acier poli ou nickelé.

La garniture

Elle varie selon le type de voiture. Drap de laine, cuir noir, parfois Bedford et whipcord vert ou bordeaux, voire velours épais, servaient à garnir les coussins, les dossiers et les autres parties de la garniture.
Les Américains utilisent souvent une étoffe de type tapis pour leurs coachs, dog-carts, etc. : elle est très coûteuse, d’un bel effet, et d’origine française.

Le satin et la soie sont réservés aux voitures de fête et de gala ainsi qu’aux voitures fermées comme les landaus et les coupés, et aux huit-ressorts.
La peau de porc est très résistante : c’est pourquoi on l’employait dans les omnibus, les phaétons de chasse et pour la garniture extérieure des coachs.

Les dossiers sont garnis de la même étoffe, ou de cuir noir s’ils ne sont pas de la couleur des coussins. Les coussins sont toujours capitonnés et rembourrés de crin ou de fibre végétale (ou d’un substitut), jamais de mousse synthétique.
Les victorias, coupés, omnibus et voitures menées par un cocher ont un siège à coffre, tandis que les voitures sportives ont un coussin de meneur maintenu par des courroies.

Au plancher, un linoléum noir ou caramel – autrefois toutes les voitures étaient ainsi finies –, cloué et collé, recouvert d’un tapis de caoutchouc amovible maintenu par des vis à grosse tête ; le plancher doit comporter des trous d’écoulement bordés de laiton.
Des pièces de toile ou d’une autre étoffe convenablement préparée peuvent être peintes ou décorées, et l’on peut même utiliser un faux cannage à l’arrière des gigs et des phaétons. Le timon peut être garni et rembourré de paille à deux endroits, à environ 25 cm d’écart.

Les brancards sont aussi gainés de cuir noir sur environ 55 cm, avec un gainage supplémentaire à l’emplacement des crampons de reculement, parfois avec une seconde paire sur chaque brancard pour les porte-traits. Le palonnier est parfois gainé aux extrémités pour protéger la peinture.

Les galeries métalliques autour des sièges, etc. peuvent être vernies pour les protéger.

Le cuir verni d’aujourd’hui n’est plus celui d’autrefois et la publicité parle de cuir vernis : le cuir verni actuel est obtenu par un procédé de plastification.

Capotes et couvertures

Les capotes sont généralement en cuir ou en toile épaisse (toile à voile). Le matériau appelé simili-cuir est définitivement à proscrire. Le travail doit être confié à un spécialiste.

Le garde-crotte

Souvent en bois selon la qualité de la voiture, ou en cuir sur une armature métallique.

Le cuir peut aussi garnir les ailes, de la même façon que le garde-crotte.

Le tablier

Sur les voitures françaises, c’est une sorte de tablier fixe, à la fois tablier du meneur et couverture du passager, attaché au garde-crotte, qui couvre les jambes de l’un et de l’autre.

Il est en cuir, fixé au garde-crotte par des crochets puis accroché au siège du meneur ou aux galeries métalliques du siège.

Les accessoires du coach

Les coachs ou drags étaient équipés d’une montre sur le marchepied du siège et d’une lanterne au centre de celui-ci. Ils portaient aussi un fouet de rechange fixé au dossier du siège.

Les poignées servant aux passagers pour monter peuvent être gainées de cuir. Un panier en osier sert souvent à porter parapluies, ombrelles, etc., et un autre, éventuellement en cuir, pour la trompe. Les palonniers de rechange sont fixés derrière le siège des grooms : deux palonniers et une volée.
On emporte aussi une échelle en bois pour faire monter les passagers.

De jour, les lanternes sont parfois rangées dans le coffre et remplacées par des « champignons » en bois dans les porte-lanternes.

Il est recommandé de vérifier les essieux tous les deux ans selon l’usage, car les rondelles de cuir doivent être contrôlées et lubrifiées ; on peut utiliser de l’huile moteur, même usagée.
La sellette d’avant-train et la cheville ouvrière se graissent à la graisse.

On dit que les voitures étaient souvent revernies chaque année. Toutes les retouches se font avant le vernissage ; si l’on change de couleur, il faut d’abord tout bien poncer.

La peinture n’est pas éternelle : sa durée dépend de l’entretien et du remisage, et les voitures proches de la mer souffrent plus que les autres.

Autres accessoires

Utiles à l’usage, les accessoires complètent la voiture. Le porte-fouet peut être fixé verticalement au garde-crotte ; le plus élaboré, à deux positions, peut être porté incliné, fixé au dossier du siège.

Sur les voitures à marchepied de siège, le porte-fouet est en métal à rebord, gainé de peau de porc et fixé par des courroies aux galeries du siège, souvent avec trois ressorts intérieurs pour maintenir le fouet ; comme tous les porte-fouets, il a un trou au fond et une rondelle de caoutchouc pour protéger le fouet.

Parfois, surtout sur les voitures américaines, le porte-fouet est en bois, vissé au siège.

Les porte-fouets en nickel, argent ou laiton sont à proscrire.

Un panier pour les gants et la montre peut aussi être fixé au garde-crotte.